RÉFÉRENCES:
"HOW DID YOU PAINT THAT? : 100 ways to paint landscapes", Volume 1, artist 52: Madeleine Lemire (International Artist Inc, Nevada, USA)
“La peinture au Québec depuis les années 1960”, Robert Bernier, p.320
(Les Editions de l’Homme).
“International Artist Magazine”, no 34, December/January 2004 pp.50-57
article écrit par M. Lemire: “Oil Sticks”.
“Parcours, L’informateur des arts”, automne 2003 pp.13-14
(“Vastes horizons”, R. Bernier).
Vastes horizons!
Un aspect de la création artistique et de “la vie d’artiste” passe souvent inaperçu. D’ailleurs, c’est vrai pour l’ensemble des moyens d’expression, qu’il s’agisse du cinéma, de la chanson, du théâtre, de la littérature ou de la peinture, qui n’y échappe pas plus que les autres. Vous vous demandez sans doute où je veux en venir ? Au piège!
Le piège qui souvent se cache derrière le succès d’un artiste. Celui qui le contraint à s’exprimer plus ou moins de la même manière sa carrière durant parce que le public l’a identifié à un style en particulier et refuse de le suivre dans d’autres voies... Et cela n’arrive pas qu’avec le public; les galeries aussi se mettent de la partie. En somme, et c’est plus courant qu’on ne le pense, le peintre devient victime d’un genre, du style qui l’a fait connaître et auquel on le confine désormains. Pour se tirer de ce piège sans y perdre son identité, il faut certes du talent, mais aussi une formidable détermination ainsi qu’un courage à toute épreuve... Car les résultats ne sont pas garantis, loin de là! Madeleine Lemire a relevé ce défi, et elle a gagné son pari haut la main!
Il y a quelques années encore, Madeleine Lemire était essentiellement connue pour ses scènes florales. Graduellement, tout en travaillant ce sujet, elle impose une touche et un traitement bien personnels. Sans renier le thème, elle prend néanmoins de plus en plus de liberté avec celui-ci, une liberté vitale à tout expression. Au fil des tableaux, ce n’étaient plus tellement des fleurs, mais ses fleurs; elle venait de franchir une étape déterminante dans sa quête, de trouver sa distance par rapport aux choses... Elle aurait pu en rester là, mais son désir d’explorer d’autres avenues est devenu trop puissant. Du macro paysage où régnait en maître la nature florale, elle a voulu élargir son horizon. Désormains, elle englobait de vastes vues qui sous son impulsion et sa passion de peindre devenaient des espaces à la fois lyriques et très dynamiques en raison de sa manière de traiter l’espace. C’est là l’un des intérêts magistraux de son expression: l’espace!
Ce qui est formidable, dans les paysages peints par Madeleine Lemire, c’est la perspective très personnelle qui les caractèrise. Légèrement tronqués et repliés, ils sont tendrement allusifs, embrassant la surface de la toile par de gracieuses acrobaties de lignes et de formes qui interpellent le spectateur au gré de merveilleux fléchissements de la ligne d’horizon.
Le lyrisme s’inscrit sur la toile par une touche dynamique, sûre et enlevée qui donne naissance à cette nature à la frontière du reconnaissable. La gamme chromatique de Lemire est chatoyante sans pour autant distraire ou trop séduire. La couleur a son importance, mais elle cède sous le poids et la justesse des compositions. Dans les paysages de Madeleine Lemire, on trouve, rare qualité, une vue renouvelée de l’art paysagiste qui s’exprime sans artifice ni manièrisme. Il faut noter que l’artiste n’a pas abandonné le thème de la nature florale; elle lui laisse encore un peu de place dans son registre créatif. Bien qu’il ne règne plus en maître, il est toujours exécuté de main de maître...
Si vous êtes amateur ou curieux, curieux de découvrir de nouveaux horizons souvent surprenants, ne manquez pas la prochaine exposition de Madeleine Lemire à la Galerie Michel-Ange, dans le Vieux-Montréal. Vous ne serez pas déçu !
Robert Bernier ("Parcours" l'informateur des arts)
“Est-il exact de dire que Madeleine Lemire est une artiste peintre à un seul sujet? Certes, elle s’exprime, depuis plusieurs années déjà, essentiellement par le truchement de la nature florale. Des fleurs énormes, en plan rapproché. Un seul sujet, indéniable constat, mais faisant l’objet d’une très grande variété de traitements. On aurait tort, en conséquence, de conclure que l’artiste souffre d’un manque d’inspiration. Au contraire, Madeleine Lemire fait souvent preuve d’audace dans son approche, n’hésitant pas à pousser très loin la suggestion. Certains de ses tableaux récents sont même, dans leur traitement plastique, épurés jusqu’à la limite du reconnaissable. Sa touche est tout simplement magnifique. On dirait parfois un ballet aérien, une valse dans l’espace. Dans l’ensemble de son oeuvre, Madeleine Lemire exprime clairement son attachement à son sujet, dont elle semble avoir par ailleurs une connaissance approfondie. Ses tableaux demeurent autant de territoires oscillant entre l’illustration, la suggestion et la liberté plastique, celle qui libère le peintre de son sujet. Cet amalgame de caractéristiques peut être perçu comme une hésitation de sa part à pousser, voire à repousser les limites de la représentation, mais c’est justement cette dualité qui fait la richesse de l’artiste et de son oeuvre, sa singularité dans la communauté des peintres qui abordent le thème de la nature florale.”
(Robert Bernier, historien d’art, “La peinture au Québec depuis les années 1960, 2002 p.320)
“L’artiste apprivoise les formes d’un geste débordant, approximatif, pour le faire passer de l’imgainaire au réel sans pourtant les figer ni les enfermer dans une structure trop rigide. ... des couleurs, des lignes multiformes poussent ses représentations aux limites de la figuration. Ces traits effleurent la toile, l’envahissent d’une impulsion première qui deviendra force et dynamisme.”
(Jules Arbec, critique d’art)
“La nature florale trouve en Madeleine Lemire une amoureuse inconditionnelle et une remarquable peintre capable de rendre, au-delà de l’apparence physique, l’esprit intrinsèque de la vie. D’une manière souvent spectaculaire, favorisant le plant rapproché par une suggestion plutôt qu’une description. Lemire explore avec une palette riche et dense la nature... de la nature.”
(Galerie Michel-Ange, Montréal, Québec)
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